Gothique: ce mot signifie, littéralement, qui vient des Goths. A l'origine, le mouvement gothique fut une forme d'art, regroupant l'architecture, la peinture, le sculpture, la musique et même un certain style d'écriture, qui se développa en Europe du XIIe siècle jusqu'à la renaissance.
Et se perdit la mode gothique dans l'esprit futile des hommes, d'autres lui succédèrent, comme tombent les feuilles en automne et renaissent les bougeons au printemps... Tout n'est qu'un éternel recommencement...
Mais, il y a quelques années, plus d'un siècle peut-être, quelques écrivains trouvèrent un succès certain en relançant le mouvement gothique au travers de livres, livres qui nous furent souvent dédiés... Le cinéma, invention plus tardive comme vous devez le savoir, s'empara dès sa naissance de ce mouvement fascinant un public avide de frissons et de romantisme. Furent donc qualifiés de gothique les vampires, du fait de leur théâtralité tragique. Ma foi, je dois avouer que selon les critiques en vigueur, l'on peut nous qualifier de gothiques, en effet... Un vieux gothisme poussiéreux que nous traînons depuis des siècles.
Nous fumes qualifiés de " gothiques " sans le vouloir, cela ne nous gênes en rien et fut même sujet à débat pendant de longues années: correspondions-nous à la description qui était faite de nous... Nous en conclûmes que même si nous ne pouvions définir une règle commune pour tous tant nous pouvions être différents, elle pouvait tout de même s'accorder à certains immortels tant elle était proche de leur mode de vie et de leur état d'esprit... Mais prendre conscience de cela ne nous mena à rien si ce n'est à nous troubler. Il s'en suivit bientôt une nouvelle question, qui resta sans réponse cette fois-ci: comment, ces auteurs, ces poètes, avaient-ils pu si bien cerner une réalité qu'ils ignoraient et qui les dépassait ? Certains prétendirent que le laudanum aurait ouvert des voix encore inexpliquées en leurs esprits, leurs permettant de nous percevoir... Cela me laisse songeur, aujourd'hui encore...
Mais depuis quelques années je me suis aperçu qu'il était une chose des plus curieuse: certaines jeunes personnes se mettaient à nous imiter en tout point, arborant de magnifiques habits noirs, des capes de velours, des chemises en dentelles, un vague sourire anémié et désabusé soulignant la rare pâleur de leur visage où brillaient leurs yeux éperdus et fébriles, soulignés par un sombre trait, comme si le poids de l'éternité pesait sur leurs épaules, clamant leur fascination pour la nuit et la mort.
L'éternel renouveau... Le cycle recommençait, le mouvement gothique renaissait... ô, est-ce utile de préciser combien nous fumes amusés et combien nous le sommes encore? Sans le savoir, sans le vouloir, ces nouveaux Enfants de la Nuit nous firent le plus grand et le plus merveilleux cadeau qu'il soit : ils nous ouvrirent une précieuse porte, celle de la normalité. Depuis ( mais pour combien de temps...) nous connaissons enfin la saveur d' une liberté oubliée depuis fort longtemps...
Et se perdit la mode gothique dans l'esprit futile des hommes, d'autres lui succédèrent, comme tombent les feuilles en automne et renaissent les bougeons au printemps... Tout n'est qu'un éternel recommencement...
Mais, il y a quelques années, plus d'un siècle peut-être, quelques écrivains trouvèrent un succès certain en relançant le mouvement gothique au travers de livres, livres qui nous furent souvent dédiés... Le cinéma, invention plus tardive comme vous devez le savoir, s'empara dès sa naissance de ce mouvement fascinant un public avide de frissons et de romantisme. Furent donc qualifiés de gothique les vampires, du fait de leur théâtralité tragique. Ma foi, je dois avouer que selon les critiques en vigueur, l'on peut nous qualifier de gothiques, en effet... Un vieux gothisme poussiéreux que nous traînons depuis des siècles.
Nous fumes qualifiés de " gothiques " sans le vouloir, cela ne nous gênes en rien et fut même sujet à débat pendant de longues années: correspondions-nous à la description qui était faite de nous... Nous en conclûmes que même si nous ne pouvions définir une règle commune pour tous tant nous pouvions être différents, elle pouvait tout de même s'accorder à certains immortels tant elle était proche de leur mode de vie et de leur état d'esprit... Mais prendre conscience de cela ne nous mena à rien si ce n'est à nous troubler. Il s'en suivit bientôt une nouvelle question, qui resta sans réponse cette fois-ci: comment, ces auteurs, ces poètes, avaient-ils pu si bien cerner une réalité qu'ils ignoraient et qui les dépassait ? Certains prétendirent que le laudanum aurait ouvert des voix encore inexpliquées en leurs esprits, leurs permettant de nous percevoir... Cela me laisse songeur, aujourd'hui encore...
Mais depuis quelques années je me suis aperçu qu'il était une chose des plus curieuse: certaines jeunes personnes se mettaient à nous imiter en tout point, arborant de magnifiques habits noirs, des capes de velours, des chemises en dentelles, un vague sourire anémié et désabusé soulignant la rare pâleur de leur visage où brillaient leurs yeux éperdus et fébriles, soulignés par un sombre trait, comme si le poids de l'éternité pesait sur leurs épaules, clamant leur fascination pour la nuit et la mort.
L'éternel renouveau... Le cycle recommençait, le mouvement gothique renaissait... ô, est-ce utile de préciser combien nous fumes amusés et combien nous le sommes encore? Sans le savoir, sans le vouloir, ces nouveaux Enfants de la Nuit nous firent le plus grand et le plus merveilleux cadeau qu'il soit : ils nous ouvrirent une précieuse porte, celle de la normalité. Depuis ( mais pour combien de temps...) nous connaissons enfin la saveur d' une liberté oubliée depuis fort longtemps...
